9 mai 2020
EMMANUEL DE ROHAN CHABOT, PDG DE ZETURF : “IL FAUDRAIT ASSOUPLIR LA RÉGLEMENTATION”

Alors que la loi sur les paris en ligne va souffler le 12 mai sa 10e bougie, nous avons sollicité le PDG de Zeturf, Emmanuel de Rohan Chabot, pour faire un point d’étape sur le marché. Et pas que…

• La loi du 12 mai sur l’ouverture de jeux en ligne va bientôt souffler sa 10e bougie, quel bilan en faites-vous ? Quels sont les axes à développer selon vous pour le futur ?

Avec 20 % des paris hippiques en ligne (27 à 28 % en comptant nos partenaires), Zeturf a trouvé sa place sur le marché. Nous contribuons également au financement de la filière, en versant aujourd’hui quasiment 7 % de nos enjeux. Si je ne regrette absolument pas de nous être lancés sur le marché français, je pense qu’il faudrait assouplir la réglementation pour animer encore plus le secteur. En développant la possibilité d’enregistrer des paris en live betting, sur des jockeys, des duels… En outre, comme pour les paris sportifs, il est, à mon sens, indispensable que la taxation s’opère non plus sur les mises, mais sur le Produit Brut des Jeux. Cela aiderait aussi le PMU à se relancer.
Si je réponds désormais en tant que président de l’AFJEL (Association Française du Jeu en Ligne) à votre question, dix ans après l’ouverture, il demeure des familles de jeux qui n’ont toujours pas été autorisées en France, comme le e-sport. C’est très dommage, car il s’agit d’une activité en plein développement. Après, il y a la grande question des casinos en ligne. Et là, ce manque s’est fait cruellement sentir pendant le confinement, les Français, visiblement, grâce à des connexions VPN, s’étant fortement connectés à des marchés en .com. C’est un manque à gagner important pour le marché en ligne français et les finances de l’État.

• Comment l’activité de Zeturf traverse-t-elle cette période d’inactivité des courses hippiques sur le territoire français ?

Tout d’abord, notre activité basée sur les paris sportifs s’est effondrée faute d’une offre suffisante. Il y a eu de l’activité, en revanche, sur les courses, les parieurs pouvant miser sur un certain nombre d’épreuves à l’étranger (principalement en Suède, à Hong Kong, un peu aux États-Unis et en Australie). Cela nous a permis de maintenir de l’activité, ni fulgurance ni décroissance ! Nous avons tout de même beaucoup de clients habitués aux courses françaises qui ont arrêté de jouer au 17 mars. Nous avons néanmoins réussi à convertir ou à amener quelques nouveaux clients, principalement ceux venant de notre activité des paris sportifs, sur les courses. Ce sont surtout des personnes qui jouent très épisodiquement sur les compétitions hippiques et qui s’y sont plus intéressées en l’absence quasiment totale de sports. Donc globalement, cela nous a permis de maintenir notre activité hippique presque à la normale.

• Les paris en ligne sur les courses ont bien du mal à percer en France… Zeturf collecte les mises de nombreux opérateurs pour beaucoup de jeux. Seriez-vous favorable à un rapprochement avec pmu.fr qui fait cavalier seul jusqu’alors ? Voire même avec le réseau physique ?

Non ! L’intérêt de la loi de 2010 est l’ouverture à la concurrence et donc le fait qu’il puisse y avoir au moins deux offres différentes avec d’autres rapports issus de masses d’enjeux non rassemblées. Revenir à une masse générale commune avec le PMU dans son réseau physique, ou même d’ailleurs avec pmu.fr, signifierait la fin de la concurrence, la reconstitution du monopole du PMU et cela transformerait l’ensemble des opérateurs de paris hippiques en distributeurs (sorte de bar-tabac en ligne) du PMU. Je pense que cela ne serait aujourd’hui pas légal et que ce serait contraire à l’objectif de la loi de 2010, qui était là aussi pour permettre aux clients d’avoir accès à des offres diversifiées.

• Comment se portent les nouveaux jeux que vous proposez sur les courses suédoises en masse commune avec ATG (V75, V86) ?

Cela marche bien, on parle en dizaine de milliers d’enjeux. Le gros intérêt pour les clients, c’est d’avoir accès à l’énorme machine d’ATG. L’opérateur suédois a d’ailleurs battu ses records de cagnotte sur des jeux verticaux ces derniers temps. Ces paris, où il faut essayer de trouver un maximum de gagnants sur une réunion, sont une exclusivité de Zeturf sur le marché français. Cela nous a demandé un an et demi de développements informatiques. Nous avons mis des tutoriels en place sur le site ou encore des systèmes de pronostics avec le driver suédois que les parieurs français connaissent le mieux, à savoir Björn Goop.

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